Retour sous Linux : le pouvoir au peuple ! ;)

Retour sous Linux : le pouvoir au peuple ! ;)

1 août 2019 Informatique Non classé 0

Mon pc portable m’a lâché. Le matériel informatique de l’utilisateur lambda est peut-être de plus en plus puissant, de plus en plus rapide mais je doute de sa stabilité… Obsolescence programmée ? Possible…

Ce pc était sous Windows. J’ai racheté un mini-pc pour mon amie et lui ai piqué son pc portable. Du coup, j’ai décidé de le passer sous Linux. Pendant de nombreuses années, j’ai testé et utilisé moults systèmes libres allant des distributions linux comme Mandrake (une belle distribution française à l’époque, j’aimais bien le nom), Redhat, Debian, Ubuntu, Archlinux, Solus et j’en oublie, mais aussi des Unix de la famille BSD comme FreeBSD, NetBSD et OpenBSD. Il y a des débats éternels entre « open source » et « libre » mais je vais les éviter ici.

Grosso modo, un logiciel open source peut être utilisé par n’importe qui à n’importe quelle fin. C’est à dire qu’une société peut s’en emparer et le rendre propriétaire (pour ça que dans le monde des entreprises ils préfèrent « open source » à « libre »).

Apple, par exemple, s’est servi largement dans les systèmes open source BSD pour bâtir ses propres systèmes. Cela a assuré leur fiabilité d’ailleurs.

Un logiciel libre, lui aussi, peut être utilisé par n’importe qui à n’importe quelle fin mais une société s’en emparant ne pourra pas le rendre propriétaire. Elle aura le droit de le modifier et de le vendre mais elle se devra de le garder libre.

Si Apple s’était servi de logiciels libres plutôt qu’open source, ils n’auraient donc pas pu « enfermer » leurs utilisateurs.

Là, où ça peut devenir gonflé, c’est lorsqu’une entreprise utilise des logiciels « open source », réalise de beaux bénéfices avec, puis met des bâtons dans les roues à ceux qui ont développé ces logiciels.

Conclusion : le logiciel open source offre une liberté en plus. Le logiciel libre garantit sa liberté.

On en arrive à un sujet de philo : la liberté doit-elle être restreinte pour être garantie ? Vous avez 4 heures.

Les deux camps « open source » et « libre » se sont parfois bien frités mais tous les deux peuvent se trouver un adversaire commun : le logiciel propriétaire qui lui ne garantit que dalle, même pas le fait de pouvoir être utilisé par n’importe qui par exemple.

Quelques avantages des systèmes libres pour un utilisateur basique selon moi :

  • on est au commande de sa machine et pas l’inverse (on est un con disait mon prof de Français. Il avait raison, passons…)
  • on en apprend plus sur l’informatique en général
  • la rapidité et la fiabilité sont au rendez-vous
  • on peut customiser son système selon ses envies et besoins

Les inconvénients :

  • cela demande plus d’efforts au départ mais on est vite récompensé !
  • pas l’idéal si on est un gamer ou qu’on ait à travailler sur des logiciels propriétaires pour des raisons professionnelles

Vous n’utilisez pas Linux ?

Faux !

Même sans le savoir, vous utilisez certainement : votre modem, votre téléviseur, l’ordinateur de bord de votre voiture, la console de jeu du petit, voire parfois le frigo ont de grandes chances d’être à base de libre ou open source.

Il y a plus de 20 ans, pour installer un système libre et pour faire fonctionner les périphériques, il fallait mettre les mains dans le cambouis, faire des recherches, lire des tutoriels, demander de l’aide sur des chats, consulter des forums, comprendre et savoir taper des commandes.

Je me souviens, à mes débuts, avoir téléphoné à un technicien de France Télécom (sympa d’ailleurs) pour savoir si déjà il était possible que le modem qu’ils fournissaient puisse fonctionner sous Linux.

« Je crois qu’il y en a qui ont essayé mais c’est à vous de vous débrouiller. »

Quelle fierté, lorsqu’ après de multiples opérations, je pu me connecter au réseau ! Dans le genre bidouille (moins fier), j’avais réussi avec la doc et les logiciels qui allaient bien à pouvoir regarder Canal+ depuis mon pc sans le décodeur. Maintenant y a Netflix et compagnie. Autres moeurs.

Aujourd’hui, les temps ont bien changé et installer/utiliser un système Linux est à la portée de tous sans difficulté. En réinstallant un Linux sur le pc de mon amie, je me sens mieux respirer. Ma machine fait ce que je lui dis. Ouf. Une capture d’écran de mon nouveau système tout joli :

Manjaro Linux – Bureau KDE

Dans ce monde du libre, j’y ai rencontré au fil des années des gens intéressants et passionnés. Lors d’une d’une édition des rencontres mondiales du logiciel libre, j’ai même hébergé un développeur argentin. Une petite pierre pour le libre.

Un monde où l’entraide, le partage, l’accès libre aux connaissances sont des bases essentielles. Certes, ce n’est pas le monde des bisounours non plus. Le développement des logiciels libres et d’internet s’est fait en parallèle et souvent avec les mêmes acteurs, les mêmes idées fondatrices, les mêmes principes.

Le premier fournisseur internet en France ?

Une entreprise ?

Non… C’était une association ! Et elle est encore en vie : FDN.

J’aime beaucoup la réflexion de Benjamin Bayart, pionnier de l’internet en France (dont je vous conseille les conférences videos) :

Comme pour l’imprimerie à son époque, la société s’est dotée d’internet pour changer. Ce n’est pas internet qui change la société, c’est la société qui s’est dotée de l’outil internet pour évoluer.

Ainsi, je crois que les politiques, journalistes et autres éditorialistes qui passent à la télé (sur internet le son de cloche est parfois bien différent) ne comprennent pas le mouvement des gilets jaunes. En fait, je pense plutôt qu’ils le comprennent très bien car ce serait insulter leur intelligence et leur culture de penser le contraire. Ils le comprennent si bien. Ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied en analysant ou en expliquant le fond du fond de ce mouvement. Ils vont le critiquer majoritairement. Parfois quelques invités qui adhèrent au mouvement sont mis devant les caméras pour bien montrer « qu’on est en démocratie ».

Question analyse un tantinet poussée : faudrait tout de même pas pousser ! Les chaînes infos, ça informe, c’est déjà bien… L’indépendance, la liberté de la presse et le pluralisme : nous les défendons Monsieur!

Vive la salade de chèvre chaud et vive la république !

Dans ce mouvement des gilets jaunes : pas de véritables leaders, un fonctionnement plutôt transversal, une organisation via internet. Ce mouvement n’est pas né par hasard, il a des similitudes avec ce qui fonde l’internet.

Pas de coeur central : toutes les machines sont égales sur le réseau. Toutes peuvent recevoir et émettre. L’inverse du minitel. Un des paradoxes est que les gilets jaunes se sont servis de Facebook (un outil de l’ancien temps, selon moi, car centralisé). Ils ont pu en constater les inconvénients, beaucoup de contenus ont été censurés. A l’avenir, je pense que les futurs mouvements se serviront d’outils décentralisés.

En effet, notre société ne pourra plus se satisfaire d’un fonctionnement centralisé. Ce n’est pas un hasard si quelque part, ce sont des idées « anarchistes » (ce terme est trop souvent péjorativement employé) qui ont construit l’internet. Le mouvement des gilets jaunes a souvent été aussi qualifié « d’anarchiste » mais l’anarchie ce n’est pas le bordel ! Ceux qui l’ont qualifié ainsi pour le discréditer avait tout à fait raison sur le fond bien que leurs propos ne visaient pas cette analyse. A une autre époque, même l’abbé Pierre eut une démarche anarchiste lorsqu’il lança son appel. Le fonctionnement des compagnons d’Emmaüs s’est basé sur des principes anarchistes : auto-gestion par exemple. Plus récemment, Coluche qui se réclamait davantage de l’anarchie lança ses restos dans la même veine.

Possible que demain, des mouvements écologistes utilisent (même inconsciemment) des principes de l’anarchie. La démarche de cette jeune fille suédoise a quelque chose de l’anarchie non ? Pas d’école le vendredi ? Mine de rien : ça passe ! Elle a dérangé en France quelques installés du bientôt vieux monde. C’est délicat de s’attaquer à de telles personnes portant des messages liés à notre profonde humanité. Qui aurait attaqué Coluche ou l’abbé Pierre lorsqu’ils ont lancé leur mouvement ? Pourtant ces mouvements étaient bien attaquables au regard de la loi. Ils ont été plus ou moins « récupérés » aujourd’hui. Pour être déjà allé dans un resto du coeur, je peux vous dire qu’il est bien loin l’esprit de Coluche… Les personnes qui avaient du coeur dans ce resto n’étaient pas celles qui donnaient du pain, bien au contraire ! J’espère que son esprit réside encore dans d’autres restos et que je suis mal tombé.

Bref, cet article brouillon n’a rien à voir avec les échecs mais voilà que je me sens de retour dans le monde libre depuis mon petit ordinateur, assis dans mon canapé. Ca fait quand même du bien !

De temps en temps, ça m’arrive, je fais une mini-crise d’anarchite de salon. C’est épidermique, ça va passer. L’américain Richard Stallman, une figure des logiciels libres, le dit souvent dans ses conférences et c’est marrant de voir la tête de certains officiels qui s’attendent à un discours technique de sa part, lorsqu’il le dit :

Les logiciels libres ? C’est politique !

Les logiciels libres, c’est Liberté, Egalité, Fraternité !

Qu’un américain (avec l’accent et l’insistance) viennent nous claquer en pleine figure la devise qui a disparu de nos pièces de monnaie et qui s’efface de nos murs, ça fait toujours son petit effet…

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